Jehiel ☙ Séraphin guerrier et vengeur ❧ Pouvoirs: Maîtrise de la Foudre Celeste Date d'inscription: 25/04/2010
| Sujet: Souvenir d'un ange souillé 28/08/10, 11:20 pm | |
| Jehiel
"Lumière, froideur cruelle du dévouement. Éblouie tes sujets de la radiance éphémère de tes paroles et jamais ne doute de leur dévotion sans limite." Lumière, telle que tu es tu m'aveugle depuis mon premier jour, tu as fait de moi un être au service de la noble cause des anges et du Tout-puissant. Astre solaire, tu m'as vu naître d'une génitrice qui m'est totalement étrangère. Accueilli dans l'Eden par tes rayons en guise de bras maternels, je me suis abreuvé de ta radieuse brillance. C'est une autre sorte de lumière qui sommeille en moi cependant, celle que l'on peut entrapercevoir les jours de pluie. Etait-ce donc un signe que cet attachement à la lumière? Mais elle est bien plus aveuglante, plus téméraire et fugitive. Ressemblons-nous donc tant au symbole qui nous est octroyé? A croire que oui, et ce grâce aux enseignements de l'auteur de mes jours. Rigueur et application étaient les maîtres mots de l'apprentissage de ma jeunesse. Il n'y avait pas de place pour les plaintes et la souffrance. Je n'ai connu que la rudesse d'un père accaparé par son amour de la défense de la paix, et je ne m'en plaints aucunement. L'amour ou la haine d'une mère ne m'aurait rendu que plus faible, et au fond je remercie le Ciel de m'avoir épargné ce fardeau de maternité. Je serai donc redevable à mercie envers ce géniteur qui m'a enseigné les bases de l'affrontement, de la manipulation des esprits et qui a distillé en moi le poison de l'indifférence sentimentale.
Habitué du combat et des arts guerriers, je manipule avec aise mon épée d'argent, irradiant de lumière afin d'expédier les ombres, et les créatures démoniaques en enfer. Elle est le prolongement de mon être. Sa lame pure est fuselée, permettant ainsi de provoquer graves blessures, elle pénètre dans la chair telle une goutte de pluie dans un lagon, marquant de son passage une énumération de tissus déchirés. Elle ne s'enfonce pas aussi aisément qu'elle en ressort, accrochant le moindre morceau de chair, de muscle ou d'organe comme un hameçon, les meurtrissant avec une atrocité sans pareil, mais je ne vais pas me pencher sur ce que peuvent ressentir des démons de basse classe. Ces blessures sont difficilement guérissables sans la magie céleste du soin et de la régénération des cellules vu qu'au moins la moitié de la partie que je touche s'arrache dès que j'en ressort ma charmante compagne. Je peux user aussi d'un langage troublant, trompeur qui me permet de mettre à mal mon ennemi qui se pose des questions sur mes intentions. Manipulateur direz-vous? Oui, il y a des imbéciles partout, autant se servir de leurs faiblesses pour les faire douter et les abuser. (verbalement parlant bien sur ... Non mais!) Il peut arriver que quelques fois j'use d'un pouvoir irradiant de lumière mêlé à la puissance de la foudre céleste.
"Tu es poussière et tu retournera à la poussière." La morsure de cette foudre est des plus puissantes et l'adage n'en est que d'autant plus vrai. Rien à voir avec les dégâts provoqués par ma lame, celle ci est un mal qui vous ronge, elle vous laisse le temps de réaliser que c'est la fin. Sadiquement, son tonnerre lape votre peau, et sans aucune échappatoire elle vous prend, intensément et avec profondeur. Découvre chaque partie de votre corps où réside votre âme souillée comme aucun de vos amants ne l'avaient fait avant. Le sang parcourant vos veines deviens feu, votre respiration devient braise assiégée par des poumons incandescents, votre cœur se transforme en pièce de charbon, et votre enveloppe charnelle lentement se change en cendres, purifiées de votre existence malsaine.
Pourtant parfois je laisse rangée ma lame. Je préfère de bien loin mes griffes qui par ailleurs sont aiguisées comme, ce que les humains nomment scalpels, et me permettent d’arracher des lambeaux de peaux à chacun de mes coups. Qu'il est jouissif dans certain cas de dépecer sa victime sans aucun autre artifice que ce dont Le Divin nous a généreusement doté. Soumis à mon bon vouloir, un poison peut s’écouler de celles-ci, si virulent qu'il n’existe aucun antidote connu à ce jour. Le seul moyen d’y survivre, s’arracher la chair souillée. Oh combien ce spectacle est agréable, lorsque cela mène la sombre victime au bord d'une folie méritée. En vérité, seul mon précieux sang peut être utilisé en remède. Quelques gouttes à peine suffisent pour enrayer le mal. Mais ce secret est bien gardé et je préfère ne pas m'étendre dessus. Ce n'est pas comme si je faisais l'aumône de mon fluide vital à tout va, d'ailleurs personne n'a encore eu cet insigne honneur.
J'ai cherché à tracer ma propre route, à déployer mes ailes au service de la justice et du sacro-saint Bien. Du sang des nombreuses batailles, ma lame s'est gorgée, souillée du liquide écarlate des démons mais c'est un véritable plaisir que de pouvoir être utile à mes supérieurs, pour lesquels j'ai le plus profond des respects. Mais la plus obsédante de toutes fut celle qui déchira les plus grandes entités.
Des souvenirs incessants me reviennent en mémoire lorsque mes paupières se ferment et que je plonge dans les bras de Morphée. Des cris de souffrances se mêlent au cliquetis d'armes lors de la guerre céleste quand ma précieuse arme retire leurs vies atypiques et dénuées d'intérêt. Leur sang vicié recouvrant la lame, m'empêchant de combattre. Certes, détestant abandonner, mes ailes s'étendirent à l'infini, me permettant de fusionner gracieusement avec la beauté de l'astre céleste. Rejoignant mes mains, mon pouvoir divin concentra entre mes paumes angéliques une boule d'énergie foudroyante qui dévasta la Terre, ne laissant qu'une crevasse profonde. Pourtant, malgré leur terreur, leur soif insatiable de me détruire, l'un d'eux se démarqua de ses pairs et eu la jugeote de porter atteinte à ma personne en tatouant sur mon front la marque d'une goutte carmin. A quoi cela sert elle ? Pourquoi ? Je n'ai jamais trouvé une réponse à ce geste car surpris, je n'ai pu l'atteindre et lui donner la mort. Cela fut comme un soufflet, une provocation de la part de l'ennemi. Bien malgré moi je souhaite le retrouver et lui poser la question avant de me délecter de sa destruction et sa fin imminente. Déçu de laisser échapper ma proie, mon regard ambrée contempla la beauté du ciel. Que serait un monde où règne la paix éternelle? Puis, un sentiment d'abandon et d'une faiblesse inébranlable surgit, mes jambes se dérobèrent sous mon poids et mon corps s'échoua au sol, se maculant de poussière. A mon réveil, je me retrouvais dans ma chambre, confortablement lové au centre de mon matelas. Que faisais-je là, n'étions nous pas en Guerre? Je n'ai jamais su ce qui c'était passé ensuite et pourquoi la faiblesse m'a assaillit, moi, une créature valeureuse n'abandonnant pour rien au monde le combat et la satisfaction de voir mes adversaires s'agenouiller en me demandant grâce. Cette créature avait donc réussi à installer le doute au siège de mon esprit. Ne serait-ce que même douter est un aveu de faiblesse, il fallait que cela cesse.
Depuis des jours voir des siècles après que cet être a arrêté la guerre je ne cesse de penser à un moyen qui me permettrait de découvrir mon ennemi et de mettre enfin un visage sur le corps de ma future victime, qu'elle réponde aux questions qui me taraudent depuis ce jour. La vengeance n'est pas un des sentiments qui nous habite à l'état de Nature, mais lorsqu'on le provoque, il faut savoir répondre présent et en assumer les conséquences. Quitte à aller dans le monde démoniaque et tout mettre à feu et à sang. Certes, je suis un séraphin, mais ce maudit tatouage peut me mener d'un moment à un autre aux portes de l'enfer où se trouve déjà mon esprit il me semble. Je deviendrais l'ombre de moi-même. Pourtant, j'empêcherais de toute les larmes de mon corps que cela en devienne le cas, ce serait une trop bel victoire pour mon détracteur. Ce serait aussi abandonner la cause que j'ai épousé et renier le but même de mon existence. Tant d'enjeux, mais au final que cela m'apportera-t-il? ... Oui j'y ais très bien réfléchi, une satisfaction que seul moi pourra savourer, l'on ne porte pas atteinte à ma personne pour s'enfuir, mais pour me faire face. Et c'est ce face à face qui est l'instigateur de ma recherche.
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