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 Dornröschen [seul puis pv Reykiel]

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Chu Jung Feng
☙ Tête de Dragon-Chef de la Mafia Chinoise ❧
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Tête de Dragon-Chef de la Mafia Chinoise
Date d'inscription : 01/03/2009
MessageSujet: Dornröschen [seul puis pv Reykiel]   02/08/10, 12:38 am


Chapitre 2 :
Requiem d’une Ere Paisible

..


Dornröschen


Le conte de la Belle au Bois dormant n'eut pas été trop décalé au vu de la composition de la pièce... Il n'y manquait que les baldaquins du lit et l'atmosphère féérique... Au lieu de cela, c'était une chambre plutôt sobre si on la comparait au couloir. Les objets de valeur s'y faisaient un peu plus rare, laissant plutôt place à un coffre inclus au mur. Les objets qui décoraient la commode avaient plus une valeur émotionnelle que monétaire... comme le grand miroir sans cadre, en travers de l'angle, ou bien le dragon en bois d'une admirable facture mais sans aucune valeur historique dont la tête ornait l'angle du sommier créant un lit double dont le contour était étrangement asymétrique.

Sur ce lit justement se trouvait notre soit disant Belle... Ses cheveux d'ébène ruissèlent le long de l'oreiller mais son visage n'a rien de féminin bien que la beauté soit au rendez vous... Certaines commotions maculent encore son organisme légèrement paré d'un drap blanc bordé à ses épaules. Son corps néanmoins est guéri ou plutôt hors de tout dangers, et ce depuis plusieurs semaines... Le mal c'était encré plus profondément en lui et le temps c'était comme figé dans la pièce. Sans pour autant qu'un baiser puisse sembler suffisant à son réveil.



Citation :
Cela avait d'abord été une sorte d'énorme brouillard. Une brume épaisse qui semblait avoir fusionné avec l'être qui s'y trouvait à tel point qu'il n'aurait su dire quelles étaient les limites de son corps. Avait-il seulement un corps? N'était-il pas plutôt une sorte de conscience flottante? Il avait du vouloir se couper de la réalité, ou bien son âme avait réagit par moyen de défense stricte pour ne pas avoir à prendre connaissance d'un état trop altéré...

Il n'y avait pas eu de couloir sombre avec une lumière au bout. Il n'y avait pas eu de projection astrale ou de conscience omnisciente... Juste cette profonde absence comme si cette chose que l'on appelle conscience de soi c'était trop bien dissimulée à tel point qu'elle en avait oublié le chemin du retour. Cette entité ne songeait pas à la mort, elle ne connaissait pas l'angoisse et ne souffrait d'aucune préoccupations quelles qu'elles soient... Elle était... sans savoir si elle avait appartenu à un corps où avoir à imaginer sa provenance. Elle n'avait de réponse à aucune question mais cela importait peu puisqu'elle ne s'en posait pas.

Cette chose qui avait été Chu Jung Feng restait lovée dans cet espace sans apparence ni limites étroit sans qu'on en sache les bords puisque s'y déplacer était impossible... Semblable à un univers. Car c'était bien de cela qu'il s'agissait. Cet espace laiteux était bien un univers tout ce qu'il y a de plus authentique.

Le temps étant suspendu dans et hors de son corps, il est impossible de dire avec exactitude quand le changement s'opéra mais il semble cohérent de penser que la porte s'ouvrit lorsque son corps eut récupéré suffisamment pour que toute douleur se soit évanouie. Son esprit avait sans doutes voulu occulter la douleur physique et n'acceptait de changer de strate à la seule condition que les contraintes sensitives soient nulles. Ainsi l'univers avait changé. Comme aspiré par ce néant.
Le choc fut grand et lourd de conséquence. Cette entité perdue ne retrouvait toujours pas sa place mais une myriade de d'éléments identitaires la bombardaient de tous les côtés. Sans cohérence entre eux, sans chronologie et même sans logique au sein d'un même élément, c'est comme si le puzzle avait non seulement mélangé toutes ses pièces en plus de les avoir toutes découpées en plus petits morceaux encore.

Sans pouvoir faire le tri, l'âme mise à nu s'habitua difficilement à son état et finit par choisir de lutter. Elle s'orienta vers cette pièce du puzzle qui semblait plus éclatante que les autres, ressemblant de plus prêt à quelque chose d'irrésolu, comme un acte en suspens.

L'atmosphère pluvieuse l'absorba, c'était un peu comme si un fantôme se promenait dans une carte postale. Chaque goutte était suspendue à un place définie une voiture en travers d'une allée, un homme sortit par la portière avant, un autre sur la banquette arrière, d'autres hommes en embuscade et encore un autre s'apprêtant à rejoindre la fête... Lequel de la carte postale correspondait donc à l'entité qui s'y promenait? Comment s'identifier à quelqu'un dont on ne connait plus rien?

Soudain la carte devint floue, le temps et l'espace étaient totalement déformés dans ce remake de mauvais goût. L'âme avait retrouvée un corps dont elle pouvait voir à travers les yeux sans pour autant percuter qui elle était. Ce qu'elle percevait avec une nette compréhension c'était le sang qui coulait le long de ses bras, le sien indistinct de celui d'autres êtres.


**Des balles? Des coups? Qui est celui étendu devant moi? Quelle est cette plaie béante qui vient de percer mon corps?**

L'espace redevint flou pour retourner cinq secondes en arrière, le temps reprenait ses droits et faisait prendre conscience à Chu Jung la percée de cette ultime balle à un instant ou il était déjà à bout de force.

**Qui a tiré?**

Retour sept secondes en arrière toujours la même scène en boucle mais de plus en plus longue. Dix secondes puis onze...

**Comment l'arrêter?**



Un spasme secoua l'enveloppe corporelle du Beau dormeur de la Tour de Jade. Première expression du changement de strate de son esprit. Cela ne changeait rien au fait qu'il était toujours perdu en lui même. Le prince charmant ne lui suffirait sans doutes toujours pas.


Citation :
La sensation de mort probable frappa sa conscience. Cette crainte serra son cœur avec tant de force qu'il perçut que ce n'était pas le cas. L'âme hurla se sentant défaillir encore une fois avec tant de force qu'elle s'extirpa enfin de son horreur. Il était la Tête de Dragon, cette conception s'imprégnait peu à peu à l'entité, tout comme la perception de son être ou plutôt le savoir de ce qu'il avait été. L'occasion de remises en questions puisqu'il se sentait piégé en son propre être.

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Chu Jung Feng
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Tête de Dragon-Chef de la Mafia Chinoise
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MessageSujet: Re: Dornröschen [seul puis pv Reykiel]   05/08/10, 05:28 pm


Chapitre 2 :
Requiem d’une Ere Paisible

..


La pièce était toujours aussi calme. Le dormeur n'avait pas une expression paisible mais rien de son environnement extérieur n'aurait pu le troubler. C'était sans doute aussi bien au vu des grands troubles qui venaient déjà acculer son esprit.

Citation :
Une âme ayant la nausée est une bien étrange impression. Comment avoir la nausée lorsqu'on a pas de corps? Ce malêtre semblait pourtant bien présent et Chu Jung ne pouvait y apposer que cette appellation. Au moins il commençait à pouvoir mettre des mots sur son état, ce qui voulait dire qu'il recommençait à « être » à proprement parler.

L'espace laiteux avait laissé place à une atmosphère sombre, angoissante, comme le sont les vieilles cathédrales en proie au vent mordant. Mais Chu Jung ne sentait pas de menace extérieure. La seule douleur était le parasite qui rongeait son essence. Une sorte de déchirure profonde, un manque, un gouffre.

Une pluie diluvienne s'abat sur son âme, refroidissant tout son être. La cathédrale à laissée sa place à un individu lové sur ce qui ressemble à un autel, ou un lit. Ce rêve n'a rien d'un souvenir. C'est bien plus profond que cela. Il est l'univers symbolique de Chu Jung. Il est tout ce que la Tête de Dragon n'est pas, voudrait être, ou voudrait protéger. Un nom vient naturellement à cet esprit lorsque son attention se reporte au visage de porcelaine de celui qui lui fait face.


**Shui**

Tout ce qu'évoquait le jeune frère pour son aîné transpirait de l'environnement. Chu Jung voudrait tant le prendre dans ses bras, le posséder et l'absorber pour devenir tout ce qu'il est. Il le détruirait, et c'est bien parce qu'il est trop sale pour l'approcher qu'il aime autant cette aura de pureté. Complètement aveuglé par l'être qui lui fait face, il se sent comme emprisonné lorsque la poupée de jade l'observe de ses prunelles d'innocence.

Incapable cependant de retrouver une totale conscience de son histoire, de son être ou de son savoir, il tente d'enlacer cet idéal. De l'embrasser, de le devenir. Acte qui achève de détruire cette enveloppe qu'il s'est créé. Le décors disparait.

Un râle tel un souffle d'agonie s'échappe de sa gorge et de ses lèvres entrouvertes. L'humain est si faible, il semble tellement loin de ce qu'il évoque chez les homme du bâtiment. Sa situation est à des années lumières de ce que l'on attend de lui et son état pourrait faire douter quiconque aurait posé de l'espoir sur ses épaules qui, comme son cou commencent à perler d'une sueur fiévreuse.

Une grande fébrilité pour un individu s'étant longtemps vanté de posséder une constitution le prévenant de toute maladie ou rhume... Son âme semble se rapprocher, secondes après secondes de la strate supérieure des capacités motrices de la Tête de Dragon, sa réaction étant de plus en plus proche de ce que son esprit créé. Pourtant l'instabilité et les manques présents lui faisaient risquer gros.

La chaleur qui se dégage de son corps n'a pourtant rien d'une maladie attrapée mais bien d'une angoisse profonde qui serre son cœur de telle sorte que tous ses sens soient en émoi, et que tous ses muscles tétanisent. C'est comme si son corps tout entier se trouvait sous pression, mais la seule pression présente était celle de l'effet nocebo que lui impose son psyché.


Citation :
À l'instant même ou son âme aurait du embrasser son idéal, l'image de Shui Feng se liquéfia en ses bras. La pluie, qui avait été une simple source de froid et de désagrément devint bien vite insupportable, comme si elle s'insinuait en ses veines, remplaçait sa consistance par un acide caustique. Une balle traversa soudain son muscle oblique du côté droit. Pour la treizième fois, il se sentait sombrer devant cet entrepôt d'armes, son frère dans les bras d'un ennemi juré.

**Je ne peux être toi, mon frère. Quelles erreurs ai-je donc commises pour ne plus pouvoir être excusé et pour devoir abandonner l'idée d'être toi?**

Il y avait encore des éléments de cette carte postale qu'il ne pouvait pas comprendre. La pluie glacée venait sans doutes de là, elle ne faisait que déformer ses souvenirs depuis le début. Son frère aussi restait une constante dans son âme. Il sentait l'aimer de tout son être cependant, il le comprenait insaisissable. Était-ce dû à Chu Jung lui même? À ses principes? À moins qu'il ne se soit produit quelque chose de vraiment particulier en cet instant? En cette nuit où l'adulte c'était perdu.

La pluie a disparut, mais son empreinte glaçait encore l'âme de Chu Jung. Cette fois ci c'était un souvenir tout ce qu'il y a de plus réaliste. La Tête de dragon avait retrouvé le point de vue interne qui était le sien, il voyait par ses yeux, regardait ses mains et ses membres fins, il se donnait quatorze ans tout au plus avec un tel constat. Il sentait une main lisser ses cheveux déjà longs et rebelles. Cette main était froide, aussi glacée que la sensation qui imprégnait l'âme. Elle n'était d'aucun réconfort pour l'enfant mais ce dernier savait qu'elle apaisait l'être qui la faisait bouger. Les traits de la femme se dessinaient dans l'esprit de Chu Jung sans qu'il ait à la regarder. Noble, fragile de constitution, des cheveux longs et épais coiffés en forme de papillon, un regard comme mort à travers des yeux verts et dorés. Un visage de porcelaine et une pureté sans limites.


« Mère, vous m'avez demandé? »

Un silence pesant s'abat. Chu Jung sait que la femme ne parle plus qu'à des personnes bien choisies. Il se souvient lui avoir servit de confident pendant qu'il jouait à côté d'elle alors qu'elle était encore enceinte. Depuis que Shui était né, elle ne parlait plus à l'aîné, ne l'avait plus touché et ne voulait plus le regarder dans les yeux. Autant de phénomènes qui expliquaient le froid de son toucher présent et la sensation de glacé de l'âme.

**Ai-je vraiment besoin de revoir ceci? Ai-je demandé à retrouver les motivations qui me font l'aimer, l'admirer? Celles qui m'ont fait l'approcher? Je m'en souviens désormais je n'ai pas besoin de le revoir.**

« Tu sais je le défendrai, je le protégerai plus encore que comme un fils. Tu n'as pas besoin de le demander si tu pars je le ferai. »

**Il suffit. Je sais bien qu'elle est morte le soir même. Je n'ai pas besoin d'entendre la suite.**

Une quatorzième balle transperce son oblique droit. Il n'a pas à laisser surgir ces mémoires. Elles ne sont que des dagues saignant son esprit. Il est de retour au point de départ, sous cette pluie battante. Ce qu'il est, il ne peut le changer. Si la solution n'est pas en lui comment la trouver? Comment sortir du labyrinthe créé de toutes pièces par son esprit perturbé? L'étau se resserre.

La cathédrale revient. A bien la regarder, elle n'a rien d'un édifice chrétien. Elle est plutôt un temple aux murs hauts de l'ancien bouddhisme. Abandonné, tout comme semble se sentir l'être qui s'y trouve caractérisé. Ce n'est pas un autel sur lequel est endormi son frère, mais la ruine d'une colonne qui s'est effondrée, éventrant le plafond en perdant sa structure. Est elle le symbole d'une dérive? C'est il mépris tout au long des années? Les estampes qui imprègnent le mur sont à l'image des grandes métamorphoses draconiques. L'essence de Chu Jung s'en approche, à leur contact, le glacé de la pluie quitte son corps, laissant une suffocante chaleur s'emparer de lui.

Son esprit se ferme aux informations, cherchant à réguler le flot de cette chaleur pour arriver à la rendre supportable, presque douce. Lorsqu'il retrouve sa capacité à percevoir ce que son âme créé, c'est tout sauf ce qu'il peut s'imaginer.

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Chu Jung Feng
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Tête de Dragon-Chef de la Mafia Chinoise
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MessageSujet: Re: Dornröschen [seul puis pv Reykiel]   14/08/10, 11:19 pm


Chapitre 2 :
Requiem d’une Ere Paisible

..


L'être endormi semble apaiser ses respirations, la plus grande des tensions étant passée, laissant place à une plénitude derrière laquelle flotte une atmosphère malsaine. Son organisme, bien qu'ayant retrouvé des signes vitaux normaux, semble à nouveau plongé dans un sommeil aussi profond que quelques jours auparavant.

En son fort intérieur, il doit savoir que son éveil compte. D'ailleurs, il est évident qu'il se bat avec lui même pour refaire surface. La pièce à beau être totalement muette, c'est comme si tous les éléments la composant tournaient leur attention sur cet individu immobile.


Citation :
Chu Jung se demandait si il n'aurait pas préféré mourir une quinzième fois plutôt que se trouver ici, à ne pas comprendre ce que voulais lui dire son propre esprit.

La pièce dans laquelle il se trouvait lui semblait étrangement familière mais également lointaine. Il ne s'y trouvait rien qui puisse faire référence à sa personnalité réelle; c'était vraiment sa propre chambre dans la Tour de Jade. Le lit à baldaquins sculpté de dragons, les bibelots sur la commode, le coffre dans l'angle... Rien ne venait troubler l'espace qui puisse valoir à l'asiatique de s'interroger. Bien sur les objets avaient de la valeur pour ce qui était de ses souvenirs. Il était allé chercher lui même la plupart des objets qui l'ornait et ils avaient tous une histoire bien spécifique; ce qui expliquait qu'il n'allaient pas vraiment ensemble au niveau décoratif.

Chu Jung regarda son reflet dans un miroir sur la commode. Il se reconnaissait bien comme étant celui qui se regardait dans la fine couche métallique masquée par du verre. Ses longs cheveux détachés tombaient en cascade sur ses épaules à moitié dénudée dans un kimono noué à la hâte. Son apparence n'était pas négligée mais c'était comme si il venait de se réveiller d'un long sommeil. L'âme vit l'individu du reflet bouger, se masser la joue, relever le col de son vêtement. L'esprit comprit, comme il ne pouvait influer sur les mouvement du corps au travers duquel il observait, qu'il ne faisait que se promener encore une fois dans un souvenir.

La porte s'ouvrit à la volée, faisant brutalement tourner le visage du Chinois vers le nouvel arrivant. Un séduisant personnage aux traits fins. Le regard qu'il arborait peignait une sorte d'amusement non dissimulé par de la surprise... Une surprise qui était bien partagée par Chu Jung. Il sourit à celui qui venait de faire irruption sans grande politesse, ce à quoi l'individu répondit par les mots qui suivirent.


« Est-ce là une heure pour se lever? »

« Pas de soucis, je savais que tu étais là pour t'occuper de la maison pendant la journée. »

Malgré le discours badin, une sorte de tension est présente entre les deux individus. L'âme de Chu Jung n'a pas vraiment de difficultés à mettre un nom sur celui qui est en face de lui... Il a, par contre, beaucoup de mal à percevoir le lien présent entre son rêve récurrent et ce souvenir qui devrait être significatif. Il est même totalement incapable de se rappeler de l'événement, songeant que les prochaines minutes lui en diront long. L'esprit demeure interrogatif; dans cette atmosphère tendue mais pour autant chaleureuse...

**Qu'est ce que je suis sensé trouver là?**

« Tu m'as fait demandé hier pourtant. J'ai cru que c'était plus urgent que ça. Malgré les tâches que tu m'as assigné et qui m'ont bloquées toute la journée. »

Chu Jung aurait voulu pouvoir se regarder lui même pour s'analyser dans l'instant. Qu'est qui avait bien pu lui passer dans la tête lors de cette histoire? Il y avait de la malice et de la colère dans sa voix. Et songeant à ce qu'il se souvenait de lui même, il ne pouvait se comporter de la sorte qu'avec quelqu'un auquel il avait quelque chose à reprocher... En plus, il se souvenait bien du statut de celui qui lui faisait face désormais, ainsi que ce qu'il en pensait.

En quelques pas, il se trouva devant le chef de sa garde, le jugeant clairement de son regard, une sorte d'énervement non dissimulé dans son déplacement. Chu Jung retrouvait bien son principal défaut dans les paroles qui suivirent.


« On m'a fait parvenir des notions assez calomnieuses à ton sujet... Tatsuya, je ne peux tolérer que tu t'adonnes à du tripotage intempestif sur n'importe quel hère. »

La voix était tranchante, particulièrement acide comme une profonde vexation. Bien sur pour en venir à ce genre de conclusion, il fallait se souvenir que le haut gradé qui lui faisait face était puissamment plaisant à regarder, avec un tempérament de feu. Par ailleurs les découvertes de ses tendances n'étaient parvenue aux oreilles de Chu Jung que par ces aveux accablants venant de plusieurs des membre de sa mafia, que lui même n'avait eu pour avant goût qu'un rapide baiser vite expédié et plus envisagé sur un ton d'effronterie que de sérieux, et que la Tête de Dragon était du genre à ne vouloir posséder que pour elle la plupart des individus dont elle s'entourait.
Ce constat ne pouvait échapper à Tatsuya au constat de l'expression de son visage; particulièrement confiant.


« Quelle Jalousie dont tu fais preuve, Chu Jung, à l'égard de mes amants... Pourtant ne suis-je donc pas que le chef de ta garde ? Non, l'une de tes perles ?... Et si tu tiens donc à savoir pourquoi mes mains ne t'ont jamais effeuillé, vient me l'arracher de mes lippes.... »

À ces mots le visage de Chu Jung parut se crisper, faisant naitre des petits indicateurs avant coureurs de son mécontentement. Sans attendre, l'âme vit apparaître ses mains dans son champ de vision, celles ci s'agrippèrent à la nuque du Chef de sa garde et son visage s'approcha bien trop vite de celui de l'autre individu, déposant bien plus qu'un baiser sur ses lèvres: c'était bien plus une expression d'avidité, ses dents venant jusqu'à heurter celles de son désiré.

**J'y vois de moins en moins une logique... Ce n'est même pas mon coming out. Quel est l'intérêt de me démontrer que je suis attiré par lui?... Aller j'attends l'impact de cette fichue balle.**

Cependant, l'âme dut bien constater que ce n'était pas ça qu'il avait à voir, tout d'abord parce que l'impact douloureux n'arrivait toujours pas mais surtout par la tournure bien étrange que prenait la situation... Son souvenir... à bien le regarder comment pouvait-il ne pas s'en rappeler avec une précision défiant la chronique. Il y avait vraiment de quoi...

Un soupire presque extatique s'échappa des lèvres de la poupée assoupie. Enfin quelque chose de purement positif, et pourtant d'assez étrange. Comment de pas vouloir se trouver dans sa tête en ce moment? Quoi qu'il en soit, il semble qu'il n'ait pas encore trouvé le chemin pour redevenir maître de son corps mais au moins as-t-il trouvé une voix qui soit moins à même de le détruire psychologiquement.
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Chu Jung Feng
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Tête de Dragon-Chef de la Mafia Chinoise
Date d'inscription : 01/03/2009
MessageSujet: Re: Dornröschen [seul puis pv Reykiel]   18/08/10, 12:21 am


Chapitre 2 :
Requiem d’une Ere Paisible

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Citation :
Niveau profondeur, ce baiser devait être à la hauteur de son coma. À lui en faire tourner la tête... à l'étourdir passagèrement. Chu Jung n'aurait su dire si cette sensation était due à son état de nerfs particulier qui l'avait poussé à ce résultat ou si le chef de sa garde y mettait décidément du sien.

Sans avoir besoin de la moindre autorisation, c'était comme si son comportement équivoque laissait tous les droits à celui auprès duquel il avait finit par montrer ne faiblesse qu'il exposait à peu d'êtres. Ce signal muet avait vite été perçu par Tatsuya qui donnait le change d'une manière totalement naturelle.

Glissant ses mains le long du col desserré de la tenue de chambre de Chu Jung, il fit réapparaitre les épaules que ce dernier avait hâtivement masqué n'ayant en aucun cas prévu cette suite à sa colère inconsidérée.

N'usant d'aucune violence, l'âme de Chu Jung se souvenait, et constatait néanmoins que la poigne avec laquelle le serrait Tatsuya, bien que particulièrement agréable, ne laissait pas d'échappatoire possible. La Tête de Dragon récoltait ce qu'elle avait semée en quelque sorte. Il abandonna l'idée de résister à l'étreinte. De toute manière, maintenant qu'il en était là, il n'allait pas mettre de côté cette envie qui le rongeait depuis quelques temps.

Reprenant contenance, Chu Jung serra les poings dans le dos de Tatsuya, l'entrainant dans ce qu'il aurait aimé être un mouvement de force vers le mur dénudé à côté de la porte, le lui faisant heurter. Désormais, et au su de ce qui allait se produire, l'esprit de Chu Jung savait bien que son partenaire momentané n'avait pas eu l'ombre d'une volonté de résister.

Une sorte de rire léger s'échappa des lèvres du chef de la garde alors que son dos touchait le mur. Il avait sans doutes bien envie de se moquer du fait que Chu Jung avait bloqué ses deux bras par cet acte. En profitant, d'une manière bien perceptible, il rapporta ses mains contre le torse de celui qui aurait du être son chef, le faisant frémir de tous ses muscles.

Le frémissement s'était vraiment répandu dans son organisme, car enfin, son corps retrouvait des réflexes parfaitement cohérents avec son esprit. Ce rêve le rapprochait plus que tous les autres qu'il eut pu faire de sa propre guérison. Pourtant une ombre planait encore... Et la solution ne se présentait pour pour autant, car même en accord avec son corps, son âme restait encore piégée dans ses rêves. Sans doutes le prince charmant pourrait désormais éveiller la belle, avec le baiser adéquat.

Citation :
**ça suffit comme ça... Je sais bien que je n'ai pas réussis à établir cette autorité que j'escomptais. Non seulement je me suis fait avoir mais en plus il n'est jamais revenu vers moi par la suite... Je ne vois pas pourquoi ça aurait du venir de moi...**

Pourtant le rêve se prolongeait. Ramené sur le lit, Tatsuya avait prit un statut totalement dominant au grand damne de Chu Jung qui se retrouvait prit à son propre piège. Non pas qu'il ne soit pas consentant, l'acte en lui même aurait réjouit n'importe qui compte tenu de l'attention particulière qu'on lui portait, mais c'était plutôt le rôle qu'il y tenait qui exacerbait ses émotions, et rendait plus puissants chacun de ses mouvements. Comme si la frustration le rendait plus fort.

Chaque fois que leurs corps dénudés entraient en contact, leur chaleur se communiquait à l'autre comme un échange de force non dénué de passion. L'âme tenta de quitter cette vision tant elle représentait pour elle, en bien comme en mal. Se rendant hermétique aux sensations que créait son souvenir, elle voulut trouver l'issue de cette vision à la fois orgasmique et cauchemardesque.

Réouvrant les perceptions de son esprit, Chu Jung se souvint brutalement de l'élément le plus étonnant de l'histoire, qui arrivait justement. L'âme se souvenait qu'au paroxysme de cette relation, une vision anormale était venue brouiller ses capacités de compréhension, voyant de larges ailes membraneuses découpée dans le dos de son amant, au visage impassible.
Chu Jung se souvenait avoir fait courir ses doigts le long de cette paroi translucide parsemée de veines affleurant.
Mais c'est alors que la douleur d'une ultime balle lui fit revenir au présent, sa main soudain dégoulinant de son propre sang, alors que l'aile de son amant d'une nuit se trouvait encore en arrière plan.


Le corps de Chu Jung fut parcourut d'un spasme douloureux, puis plus rien. La chambre retrouva son silence mortuaire, la fenêtre entrouverte faisant voler un rideau de soie devenant le dernier élément en mouvement de l'espace confiné.

Citation :
Le décors du temple à moitié détruit était revenu. À croire que son esprit avait fini par devenir maître de lui même et qu'à force de volonté il était parvenu à s'extraire de son souvenir qu'on pouvait dire cuisant. À moins qu'il soit parvenu justement à aller au bout de son souvenir et qu'il ait pu voir ce qu'il devait observer.

Pour soutenir cette thèse, Chu Jung remarqua que les estampes au mur c'étaient totalement transformées. À la place d'un dragon mythique partiellement effacé et teinté de couleurs rocailleuses ondulait un véritable dragon ailé aux couleurs aqueuses à moins qu'elles ne soient aériennes. Dans ses écailles se reflétaient des bribes de ce souvenir que Chu Jung pensait préférer oublier.

La Tête de Dragon se trouvait donc confronté à un choix. D'une part un idéal incarné par le corps de son frère cadet, un être dont il savait tout, pour lequel il avait consacré sa vie, et de l'autre, le symbole de sa mafia, être majestueux qui n'évoquait pour le chinois qu'une chose: l'inconnu.
Chu Jung ne comprenait pas tout à fait ce que l'on attendait de lui. Pour lui la réponse était évidente, il était question qu'il vive, alors son frère auquel il avait consacré son existence ne pouvait qu'être celui pour lequel il devait poursuivre sa route. Il méritait même de recevoir cette chance, cette possibilité de continuer de la sorte. Pourtant, il avait déjà tenté d'embrasser cet idéal. Même si il était alors inconscient des autres facteurs, c'était la seule réponse sensée encore maintenant.
L'âme demeura ainsi solitaire et hésitante sous cette pluie qui se remit à chuter, le froid l'atteignant à nouveau au plus profond d'elle même. Son inconscient, lui, avait la réponse.

Le corps restait inerte la transpiration qui avait perlé de son corps quelques instant plus tôt le refroidissait désormais. Sa respiration avait retrouvée un court lent, comme si toute sa concentration se situait ailleurs que dans ses fonctions vitales... Ce qui était presque le cas après tout.

Cependant, maintenant que le temps avait passé, une seconde silhouette se trouvait dans la pièce.

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Reykiel
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MessageSujet: Re: Dornröschen [seul puis pv Reykiel]   12/01/11, 11:30 am

Silence ouaté...

Battements d'ailes...

Rugissement du dragon...

Loin au delà des nuages, le tintement de chaîne de métal brise la monotonie des cieux, éclate le voile du silence en son entier après une tumultueuse discussion... Le gardien divin fut prisonnier de l'enclave... Dorénavant, face aux grilles imposantes, ses deux orbes voraces aussi brulante qu'une mer de flamme fusillent toute approche. Ses deux prunelles où résonne une vivace ire ne peuvent accepter la perte, la tragédie lui ayant pourfendue son coeur. A l'intérieur des billes de verres, passe et repasse l'éphémère illusion que le temps se suspend après la déchirure de la vie. Plus jamais les saphirs chères à son âme se teinteront de la passion sous les draps de satin ni le murmure chaud de son nom au creux de ses lobes. Tremblements... Vide. Profond vide vite remplacé d'un glaive à travers sa poitrine, cet arrière goût de trahison enduit sa gorge d'un sentiment d'amertume.

Sous le regard autoritaire de celui qui est un tout, ses fils l'emprisonnèrent au plus profond de l'enclave sans une once de compréhension, juste un fin sourire, un visage de cire teinté d'indifférence. Dieu ne trouve plus d'utilité à retirer son collier et lui a montré avec une telle véhémence...

« Tu es mon destrier et tant que ta haine ne s'éteindra pas, jamais tu ne reverra ta liberté mère. Je possède assez de pouvoir pour te faire revenir sur la voie de la raison.. Réfléchis y... Reykiel.. »

Depuis combien de temps son ombre imposante se courbe contre les gardiennes opalines après ces paroles ? Soupir.. Il l'ignore.. Il ne lui reste que si peu de raison en surface.. Car, au sein de son esprit, au sein de son corps, l'écho de la bataille résonne toujours.. Interminable danse mortuaire, lamentable déchéance, du dépôt de goudron sur ses écailles pleines de majestés jusqu'à ce que l'organe battant entre ses serres cesse sa lutte....

Ses majestueuses claquent contre le sol, contre les lourdes grilles pour les abattre. A force de se déchaîner, ses perles pourpres s'écoulent sur les ronces d'argent, dessinent des fleurs de sang sur le sol pur, d'une blancheur immaculée. Ses babines retroussées délivrent un grondement sourd, bourrasque infernale où l'ouïe recevrait le châtiment de son courroux, ses griffes lacèrent le marbre reflétant bien trop son reflet. Souffrance, abandon, le fier gardien ferme ses paupières à la déchirure de son âme. La mort de son frère le consume sur les ilots interdits, la délicieuse vengeance se terminant d'un face à face avec la mort. Épuisement. Besoin de reprendre son souffle. Sa tête s'abaisse, ses paupières cachent ses rivières assoiffés.. De longues minutes écoulent ses fils de soie sans pouvoir assister de nouveau à son éveil. Reykiel se sent aspiré sur la terre des songes, face à face avec un être à la beauté de chine, allongé sur des draps de flanelle.

Sa main désireuse tente de caresser le visage de porcelaine, de perdre ses doigts dans la chevelure d'ébène, de baiser les lèvres tentantes.... Mais le jardin des illusions perdit ses pétales ne laissant de son souvenir qu'un vide amer. Une ravale de vent suivit l'amertume, épousa son colossal corps.. Puis sans prévenir se destina à devenir un oeil du cyclone destructeur. Fou de rage, l'impassible bête au sang froid se moqua de voir ses écailles tomber, le lit vermeille de sa vie s'écouler à terre, sa chair se lacérer sous l'étau des chaînes.

Craquement, les bras de la liberté enfin l'accueillirent...

L'assassin s'échappe de la toile sans une once de regret. Son dessein l'appel et si difficile de lui résister.. Bientôt ses claquements d'ailes résonnent face à la vitre du bel au bois dormant, la pulpe des doigts caresse la surface froide, son regard tente à percer la noirceur du vide. Impatience.. D'un soupçon de son pouvoir, un passage se forme, une entrée propice à rejoindre la perle asiatique. Visage fermé, ses pas le mènent à la couche, ses dents mordent son inférieure. Triste état, culpabilité, perles de sang qui rejoignent le sol.

« Chu-Jung ... Je briserai l'échine à celui qui a osé poser la main sur toi ... Mais avant... il est temps que tu viennes sortir de ce monde d'inconscience.. Mon bel au bois dormant. »

Sourire. Sa paume se dépose en un frôlement papillon sur la joue, glisse sur la mâchoire. Appui, tentation, baiser. Sa chaleur pénètre, se fond, embrase l'âme de l'endormi, dessine sous ses prunelles ébahies sa véritable forme. Là, à l'intérieur de l'éthéré, le dragon fait face à sa moitié, dévoile la vérité sur sa nature. Imposante.. Irréelle.. Geste nonchalant, sa pensée résonne. Impérieuse et douloureuse...

« Poses tes prunelles sur la réalité.. Ce monstre qui se cache derrière le désiré.. Observes moi.. Tel que je suis vraiment.. Et dis moi si tu accepterais de te lier à moi qu'importe la différence de nos existences. »
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Dornröschen [seul puis pv Reykiel]

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